Les habitués de la commune de la Gombe ont été surpris dans l’après-midi d’hier lundi 18 septembre. Une épaisse fumée noircissait le ciel. Elle échappait du bâtiment qui abrite les deux chaînes de télévision et de la radio du vice-président de président de la République, Jean-Pierre Bemba. Il s’agit de Canal Congo Télévision et Canal Kin Télévision (CKTV), Et ce, à quelques jours de la campagne électorale pour le second tour de l’élection présidentielle. LE POTENTIEL
Canal-Congo Télévision n’émettra pas bientôt. Le troisième étage de l’immeuble où cette chaîne est logée a été complètement calciné hier lundi 18 septembre. C’était exactement aux environs de 15h30. Que s’est-il passé ? Incendie d’origine criminelle ou accidentelle ? Il est difficile de répondre avec plus de précisions à ces interrogations tant les causes de cet incendie demeurent encore inconnues en attendant que les éléments de l’enquête livrent leurs secrets.
Néanmoins, des versions divergent sur la cause de ce déplorable incendie. Ce qui est certain, c’est qu’il se serait déclaré au moment d’une émission en direct : le plateau de télévision n’est que cendre, et tout le matériel a été consumé. Le directeur général de cette télévision Kitutu Oleont’wa a failli y laisser sa peau. Son bureau, contigu au plateau de télévision, a été aussi emporté par les flammes. Lui-même s’en est sorti avec des brûlures, à la tête et au dos, à en croire les premiers éléments d’informations recueillis sur place. Il est, en ce moment, admis dans un centre hospitalier de la place.
Par ailleurs, tout ce que l’on sait, c’est au cours de l’émission avec une des personnalités politiques qui répondrait au nom de Kasongo Numbi qu’on aurait entendu une forte déflagration. Et du coup, le feu s’est déclaré sur le toit de l’immeuble avant de se propager rapidement sur tout le troisième étage. Il était encore difficile de déterminer l’origine exacte de cette déflagration. Les services de sécurité commis au service du vice-président de la République aurait retenu certaines personnes suspectes. Il ne fait l’ombre d’aucun doute que si l’ enquête progresse, on en saura davantage sur cette première piste d’enquête.
D’autres observateurs n’excluent pas l’hypothèse d’une cause accidentelle au regard de la vétusté de l’installation électrique de certains bâtiments. Mais le fait frappant demeure sans conteste cette coïncidence des événements qui se produisent à quelques jours de la campagne électorale, frappant les médias appartenant à Jean-Pierre Bemba. Bien plus, c’est dans ce même bâtiment que sont partis les premiers tirs de graves incidents des 20, 21 et 22 août 2006.
UNE FOULE DIFFICILE A CONTENIR
Dès que le bâtiment a commencé à prendre feu vers 15 h 30, les militaires commis à la garde du vice-président Jean-Pierre Bemba se sont déployés dans tout le secteur, l’arme au point. Les badaux affluaient de partout. L’avenue du Port était noire de monde au bout de quelques minutes.
Les Jeeps de l’Unité de police intégrée (UPI) qui ont osé se pointer vers 16 h 40’ ont été accueillies par des huées et des jets de pierre. A 15 h 42’, un véhicule anti-incendie envoyé par l’Hôtel de ville est accueilli de la même façon. Il partira sans demander ses restes en filant vers la Gare centrale tant il pleuvait des pierres de partout. Toutefois, le camion anti-incendie retournera sur les lieux vers 16 h 49’. Il est de nouveau accueilli par des jets de pierre, impossible d’intervenir pour éteindre le feu.
Mais téméraire, le chauffeur parvient tout de même à se frayer un passage. A ce moment, tout brûlait au troisième étage. Les pompiers se mettent donc en action et on voit les premiers jets d’eau jaillir. A 17h02, le camion anti-incendie de SEP-Congo se pointe à son tour sur les lieux du sinistre. Un militaire de la Monuc qui s’amène à pied pour s’enquérir de la situation rebrousse vite chemin devant la gravité de la situation pour aller sûrement chercher du renfort.
A 17h05, le feu semble avoir été maîtrisé, mais toute la toiture a été emportée. A 17h09 l’honorable Thomas Luhaka, Secrétaire général du Mlc et Président sortant de l’Assemblée nationale constate les dégâts, l’air anxieux.
C’est à 17h12 que le renfort de la Monuc se déploie en ces lieux. Sept auto-blindés avancent lourdement. Malgré quelques jets de pierres tout juste en face du bâtiment incendié, ils utilisent des moyens adéquats pour disperser la foule afin de permettre l’intervention de véhicules anti-incendie tout en sécurisant le secteur. A 17h15, Thomas Luhaka quitte le sinistre endroit et emprunte l’avenue Mongala en direction du siège de la Midema. Et à 17h18’ quelques ordinateurs rescapés sont évacués dans une pick-up. C’est à 17h20’ que les fantassins de la Monuc sortent des blindés et se déploient aussitôt pour créer un cordon de sécurité
Au demeurant, il ne reste plus qu’à attendre les résultats de l’enquête. Et bien sûr, la version officielle du MLC après les investigations menées par ses services et ceux du gouvernement.